Obligations du loueur
Taxe de séjour en location courte durée : qui collecte, qui déclare
Sur une réservation payée sur une plateforme, c’est le plus souvent elle qui collecte la taxe et la reverse. Dès que l’argent du séjour passe par vous, en direct ou par virement, la collecte, la déclaration et le reversement vous reviennent, aux dates fixées par la commune.
La taxe de séjour se paie par personne et par nuit, dans les communes qui l’ont instituée. C’est le voyageur qui la doit. Quelqu’un doit pourtant la lui faire payer avant son départ, la reverser à la commune et déclarer les séjours. Qui ? Tout dépend du chemin qu’a pris l’argent du séjour.
Qui collecte, selon le chemin de l’argent
Le code général des collectivités territoriales confie la collecte aux logeurs, aux propriétaires et aux intermédiaires qui reçoivent les loyers (article L2333-33). Depuis 2019, il l’impose aussi aux plateformes qui encaissent pour le compte de loueurs non professionnels. Le guide de l’État sur les taxes de séjour, dans son édition de juin 2026, résume les cas ainsi :
| Votre situation | Qui collecte |
|---|---|
| Vous louez en direct, sans plateforme : votre site, un virement, un habitué | Vous |
| Loueur non professionnel, séjour payé sur une plateforme qui encaisse pour lui | La plateforme, obligatoirement |
| Loueur professionnel, séjour payé sur une plateforme qui encaisse pour lui | Vous, ou la plateforme si vous l’avez mandatée |
| Plateforme qui n’encaisse pas, simple mise en relation | Vous, ou la plateforme si vous l’avez mandatée |
« Professionnel » a ici le sens de l’article 155 du code général des impôts : plus de 23 000 € de recettes par an pour le foyer fiscal, et plus que ses autres revenus d’activité. Les deux conditions doivent être réunies. Posez la question à chaque propriétaire, puisque la réponse change qui collecte.
Sur Airbnb, le cas est réglé dans les communes qui appliquent la taxe « au réel » : la plateforme collecte la taxe sur les réservations faites chez elle depuis le 1er juillet 2018, taxes additionnelles comprises, et la reverse. Son aide dit que l’hôte, professionnel ou non, n’a plus rien à faire, ni collecte, ni versement, ni déclaration. Il lui reste à choisir le bon type de logement dans ses réglages, puisque c’est lui qui fixe le tarif appliqué.
Certaines collectivités demandent pourtant une déclaration de ces séjours. Versailles Grand Parc, par exemple, demande à l’hébergeur une déclaration « via tiers collecteur » quand une plateforme collecte à sa place, et une déclaration à 0 € les mois sans voyageur. C’est la règle de votre commune qui compte : lisez sa délibération ou son guide de l’hébergeur, souvent publié sur son portail de déclaration.
La conciergerie qui encaisse devient collecteur
Une réservation directe payée sur le compte de la conciergerie, le virement d’un client qui revient chaque année, le séjour d’un salarié réglé par son entreprise : dans tous ces cas, la conciergerie est l’intermédiaire qui reçoit le loyer. C’est donc à elle de faire payer la taxe au voyageur, avant son départ, même si le loyer est réglé plus tard. Elle la reverse ensuite au comptable public de la commune, aux dates que celle-ci a fixées, avec l’état des séjours.
Le montant dû est celui en vigueur à la date du séjour, pas à la date de la réservation. Un séjour réservé en juin pour le mois de janvier suivant se calcule au tarif de janvier. Si la commune a changé ses tarifs entre-temps, une taxe déjà encaissée se recalcule.
Les plateformes, elles, reversent deux fois par an, au plus tard le 30 juin et le 31 décembre. Elles n’ont le droit ni de facturer ce service, ni de garder une part de la taxe.
Le calcul pour un meublé non classé
Un meublé classé, d’une à cinq étoiles, paie un tarif fixe par personne et par nuit, voté par la commune. Un meublé non classé paie un pourcentage : entre 1 et 5 % du coût de la nuit par personne, hors taxes, plafonné au tarif le plus élevé que la commune a voté. Le coût par personne se calcule en divisant le prix de la nuit par tous les occupants, enfants compris. Seuls les adultes paient ensuite.
Voici l’exemple que donne le guide de l’État :
- Un couple et ses deux enfants louent un meublé non classé 150 € la nuit. La commune a voté 5 %, et son tarif le plus élevé est de 4 €.
- Coût de la nuit par personne : 150 € divisés par 4 occupants, soit 37,50 €.
- Taxe par personne et par nuit : 5 % de 37,50 €, soit 1,88 €, sous le plafond de 4 €.
- Les enfants sont exonérés : la famille paie 3,76 € par nuit, soit 11,28 € pour un séjour de trois nuits.
S’y ajoutent les taxes additionnelles, calculées sur la part de la commune. Le département peut voter 10 % : 0,19 € de plus par adulte dans l’exemple. L’Île-de-France en a deux, de 15 et 200 %, et une taxe régionale de 34 % s’applique dans certains départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Sud-Ouest et d’Occitanie. En Île-de-France, la même nuit coûte ainsi 5,92 € par adulte : 1,88 € pour la commune, 0,28 et 3,76 € pour les deux taxes régionales, sans compter la taxe départementale si elle existe.
Le tarif voté par votre commune se trouve sur le site de la Direction générale des finances publiques consacré à la taxe de séjour, qui reprend les délibérations de chaque collectivité. Notez-le avec sa date : les tarifs peuvent changer chaque année.
Ne paient pas la taxe : les mineurs, les saisonniers sous contrat employés dans la commune, les personnes en hébergement d’urgence ou relogées temporairement, et celles dont le loyer est inférieur au seuil fixé par la commune (article L2333-31). Une personne domiciliée dans la commune n’y est pas soumise non plus.
Ce que contient la déclaration
Quand vous collectez, vous reversez la taxe avec un état qui détaille chaque séjour. Pour chaque perception et chaque logement, il indique :
- la date de la perception et la date de début du séjour ;
- l’adresse du logement et, s’il en a un, son numéro d’enregistrement ;
- le nombre de personnes et le nombre de nuits ;
- pour un logement non classé, le prix de chaque nuit ;
- le montant perçu et, s’il y a lieu, le motif d’exonération.
Chaque taxe additionnelle doit y figurer à part, à côté de la part de la commune : les collectivités reversent ensuite chaque somme à son bénéficiaire. La commune fixe les dates de reversement et la façon de déclarer ; beaucoup proposent un portail en ligne.
Un mois de conciergerie, concrètement
Prenons un mois ordinaire : quarante séjours. Trente-deux ont été réservés et payés sur une plateforme qui collecte pour le propriétaire. Cinq ont été réservés en direct et payés sur votre compte. Trois viennent d’une plateforme qui ne collecte pas pour ce propriétaire-là.
Les trente-deux premiers ne vous demandent rien, sauf si votre commune veut une déclaration « via tiers collecteur ». Les huit autres sont pour vous : la taxe doit avoir été payée par le voyageur avant son départ, puis elle part à la commune, à la date prévue, avec l’état de ces huit séjours.
Deux habitudes évitent la plupart des erreurs. Dans le prix d’un séjour direct, mettez la taxe sur une ligne à part : le voyageur voit ce qu’il paie, et vous ne la confondez pas avec vos revenus. Et ne la comptez jamais dans les revenus du propriétaire, ni dans la base de votre commission : elle appartient à la commune, elle ne fait que passer par vos comptes.
Questions fréquentes
Airbnb collecte la taxe : dois-je quand même la déclarer ?
Pour les communes au réel, l’aide d’Airbnb dit que non. Certaines collectivités demandent pourtant une déclaration « via tiers collecteur » de ces séjours : suivez la règle de votre commune, écrite dans sa délibération ou son guide de l’hébergeur.
Un enfant de 17 ans paie-t-il la taxe de séjour ?
Non, les mineurs sont exonérés. Il compte en revanche parmi les occupants pour calculer le coût de la nuit par personne dans un logement non classé.
Le tarif a changé après la réservation : lequel appliquer ?
Celui en vigueur à la date du séjour. Une taxe encaissée au moment de la réservation se recalcule si la commune a changé son tarif entre-temps.
Sources
- Code général des collectivités territoriales, articles L2333-26 à L2333-47, Légifrance.
- Guide pratique « Les taxes de séjour », édition de juin 2026, fiches 6, 8 et 9, Direction générale des collectivités locales.
- Taxe de séjour : nouveautés, barèmes et taxes additionnelles, collectivites-locales.gouv.fr.
- Délibérations sur les taxes de séjour, Direction générale des finances publiques.
- Collecte et versement de la taxe de séjour en France, centre d’aide d’Airbnb.
- Guide de la taxe de séjour 2024, Versailles Grand Parc.
Règles relues le 23 octobre 2026. Chaque commune vote ses tarifs et fixe ses dates : avant de déclarer, vérifiez la délibération de la vôtre.
L’équipe OmniStay