Réglementation
DPE d’un meublé de tourisme : les classes exigées, pour quels logements, et à partir de quand
Une propriétaire vous appelle : le DPE de son studio affiche F, et un voisin lui a dit qu’elle n’aurait plus le droit de le louer aux voyageurs. C’est vrai dans certains cas, pas dans d’autres. Tout dépend de l’autorisation dont le logement a besoin, de la date, et de son statut de résidence principale.
Voici les classes exigées par la loi du 19 novembre 2024 et leurs dates, les logements concernés, qui contrôle et ce que l’on risque, puis comment vérifier un DPE, dont l’étiquette peut s’améliorer sans travaux depuis le changement de calcul de 2026.
Quelles classes de DPE la loi exige-t-elle, et à partir de quand ?
Jusqu’en 2024, un meublé de tourisme échappait aux règles de décence énergétique des locations à l’année. La loi du 19 novembre 2024 l’y soumet en deux temps, pendant que le mode de calcul du DPE évolue.
| Date | Ce qui s’applique |
|---|---|
| Depuis le 21 novembre 2024 | Autorisation de changement d’usage, temporaire ou définitive, en métropole : DPE de A à E |
| Depuis le 1er janvier 2026 | Calcul du DPE : le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9 |
| À partir du 1er janvier 2027 | Calcul du DPE : ce coefficient passe à 1,7, et une nouvelle classe énergie apparaît pour certains bâtiments |
| À partir du 1er janvier 2034 | Changement d’usage : DPE de A à D. Tous les meublés de tourisme qui ne sont pas la résidence principale du loueur : A à D dans l’Hexagone, A à E en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte |
Le calendrier tient donc en deux étages. Aujourd’hui, l’exigence ne touche que les logements qui doivent obtenir une autorisation de changement d’usage. En 2034, elle s’étendra à tous les meublés de tourisme qui ne sont pas une résidence principale, y compris ceux qui ont déjà leur numéro d’enregistrement et leur autorisation.
Pour mémoire, le DPE classe un logement de A, le plus performant, à G ; F et G sont les « passoires énergétiques ». Pour une location à l’année, les logements classés G ne remplissent plus les critères de décence énergétique depuis le 1er janvier 2025 ; ce sera le cas des logements classés F en 2028, puis E en 2034. En 2034, meublés de tourisme et locations à l’année devront donc tous être classés de A à D dans l’Hexagone.
Quels logements sont concernés, et lesquels ne le sont pas ?
- Concerné dès aujourd’hui : un logement pour lequel vous demandez une autorisation de changement d’usage, en métropole, dans une commune qui applique ce régime (voir le changement d’usage). Sans DPE de A à E, l’autorisation est refusée.
- Concerné en 2034 : tout meublé de tourisme qui n’est pas la résidence principale du loueur, en métropole comme en outre-mer.
- Pas concerné : votre résidence principale, louée de manière occasionnelle dans la limite de 120 jours par an (voir louer sa résidence principale).
- Pas concerné avant 2034 : un meublé déjà en location qui n’a pas besoin d’une nouvelle autorisation, par exemple dans une commune sans changement d’usage. La loi ne lui impose aucune classe avant le 1er janvier 2034, même s’il est classé F ou G.
Attention aux autorisations temporaires : elles ne se renouvellent pas automatiquement, et chaque nouvelle autorisation suppose un DPE de A à E, puis de A à D à partir de 2034. Exemple : un studio classé F, autorisé en 2023 pour quatre ans, devra gagner au moins une classe avant la nouvelle demande.
L’exigence de classe liée au changement d’usage ne vaut qu’en métropole. En outre-mer, c’est l’échéance de 2034 qui compte, avec un seuil fixé à E.
Qui contrôle, et que risquez-vous ?
Ce n’est pas le voyageur qui contrôle, c’est la commune. Aujourd’hui, elle vérifie le DPE quand vous demandez une autorisation de changement d’usage. Avec l’enregistrement national, le DPE pourra aussi être demandé lors de la déclaration, sans que l’obligation s’étende aux logements qui n’ont pas besoin d’autorisation.
À partir de 2034, le maire pourra demander à tout propriétaire de meublé de tourisme un DPE en cours de validité :
- le propriétaire a deux mois pour le transmettre ;
- passé ce délai, une astreinte administrative de 100 € par jour de retard peut courir, au profit de la commune ;
- si le DPE n’atteint pas la classe exigée, le maire peut prononcer une amende administrative de 5 000 € au plus par logement, après avoir laissé un mois au propriétaire pour présenter ses observations écrites ;
- le numéro d’enregistrement peut aussi être retiré, ce qui empêche de fait de louer.
Votre DPE est-il encore valable, et peut-il s’améliorer sans travaux ?
Avant de lancer des travaux ou de payer un nouveau diagnostic, vérifiez ce que vaut le DPE que vous avez :
- Sa date. Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 vaut dix ans. Ceux faits entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.
- La surface. Depuis le 1er juillet 2024, les seuils des étiquettes sont adaptés aux logements de 40 m² ou moins : une attestation avec la nouvelle étiquette se télécharge sur le site de l’Ademe.
- Le chauffage électrique. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9. Un DPE fait en 2025 ou avant reste valable, et peut être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, sur le même site, si l’étiquette s’améliore.
- Le calcul de 2027. Un arrêté du 19 août 2026 abaisse ce coefficient à 1,7 au 1er janvier 2027, ce qui peut encore améliorer l’étiquette des logements chauffés à l’électricité.
- Le diagnostiqueur. Il doit être certifié, et le DPE doit porter le numéro attribué par l’Ademe : sans ce numéro, il n’est pas valable.
Exemple : un T1 de 28 m² chauffé à l’électricité, classé F par un DPE de 2023. Avant tout, téléchargez l’attestation à jour : les seuils des petites surfaces et le coefficient de 2026 peuvent déjà changer sa lettre. S’il reste en dessous de E et qu’il lui faut une autorisation, chiffrez les travaux avec le propriétaire, puis faites refaire le diagnostic une fois les travaux finis.
Questions fréquentes
Un meublé de tourisme classé G peut-il encore être loué en 2026 ?
Oui, s’il n’a pas besoin d’une nouvelle autorisation de changement d’usage : la loi ne lui impose une classe qu’à partir du 1er janvier 2034. S’il lui faut une autorisation, en métropole, elle sera refusée tant que son DPE n’est pas entre A et E.
Le voyageur peut-il agir contre un logement mal classé ?
La loi confie le contrôle à la commune, pas au voyageur, qui ne paie pas les factures d’énergie d’un meublé de tourisme. C’est la différence avec une location à l’année, où le locataire d’un logement qui n’atteint pas la décence énergétique peut demander au juge d’ordonner des travaux.
Faut-il un DPE pour louer sa résidence principale en courte durée ?
Les classes exigées des meublés de tourisme ne s’appliquent pas à une résidence principale louée de manière occasionnelle, dans la limite de 120 jours par an. Louée davantage, elle n’est plus une résidence principale, et les règles des autres meublés s’appliquent, DPE compris.
Sources
- Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme, ecologie.gouv.fr.
- Renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, analyse juridique n° 2024-25, ANIL.
- Faire de sa résidence secondaire une location de vacances (meublé de tourisme), service-public.fr.
- Diagnostic immobilier : diagnostic de performance énergétique (DPE), service-public.fr.
Règles relues le 26 octobre 2026 sur service-public.fr, le guide pratique 2025 de l’État et l’analyse de l’ANIL. Le calcul du DPE change de nouveau au 1er janvier 2027 : téléchargez l’attestation à jour du logement avant de décider de travaux.
Comment cet article a été préparé et vérifié : notre méthode.
L’équipe OmniStay